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FAMILLES DE FRANCE, UNE NOUVELLE
DYNAMIQUE
ENTRETIEN : Lassociation entend devenir une force de propositions
et dactions orientées vers ceux qui ont des responsabilités
politiques.
A la veille de lassemblée
générale de Familles de France, en juin 2002,de
lune des principales fédérations familiales
françaises, son Président Henri Joyeux dresse pour
Le Figaro le bilan de son mouvement.
LE FIGARO: Henri Joyeux, vous présidez Familles
de France depuis un an.
Où en est le mouvement aujourdhui ? Certains parlent
de divisions, quen est-il ?
Henri JOYEUX: Depuis un an,
une nouvelle dynamique a été créée.
Le nombre des adhérents, qui était en baisse de plus
de 4 % par an, soriente à la hausse. Plusieurs associations
demanderont leur affiliation à la prochaine assemblée
générale en juin. Ainsi nous serons présents
sur 85 fédérations départementales contre 80
aujourdhui.
Familles de France a élargi son image : la détection
précoce des handicaps en milieu scolaire, la prévention
santé dans les familles, les souffrances économiques
des jeunes familles, tout en défendant toujours les intérêts
économiques et fiscaux des familles. Les décisions,
les orientations, les travaux effectués par la fédération
nationale sont soutenus, encouragés et reconnus par limmense
majorité de nos adhérents.
Notre mouvement est au travail et chacun participe de manière
démocratique et conviviale.
Ça bouge à Familles de France, dans tous les domaines,
pour le plus grand bien de toutes les familles.
Concernant les rumeurs de division, il faut que vous sachiez quun
petit groupe refuse mon élection et louverture à
des perspectives nouvelles, cherche par tous les moyens à
me déstabiliser, en diffusant diverses allégations
aberrantes, au risque de détruire notre mouvement. Votre
article du 22 avril sen faisant lécho a dailleurs
suscité beaucoup démotions. Vous avez parlé
de divisions, de scission.
Il ny a rien de tout cela, sauf dans les rêves et les
objectifs de ce groupe.
Vos prises de position
sur la nutrition sont contestées par une partie des membres
de la fédération. Pouvez-vous mieux expliquer vos
travaux sur ce thème ?
Après mavoir attaqué très vivement,
mais sans succès, dans les domaines politique et religieux,
mes détracteurs sont venus sur le domaine scientifique et
sectaire. Ils essayent maintenant de faire croire que je suis un
adepte de linstinctothérapie.
Dire et écrire que je cautionne linstinctothérapie
est une contre-vérité scandaleuse. Dès 1985,
dans mon premier livre grand public (page 178), jai écrit
que linstinctothérapie était un régime
dangereux pour la santé et je lai répété
sans cesse.
Contrairement à ce qui a été dit, je nai
jamais préfacé de livre de Bruno Comby sur la nutrition.
Jai préfacé certains de ses livres dans des
domaines scientifique et pédagogique. Comme Jacques Chirac
a préfacé LÉloge de la sieste du même
auteur.
En revanche, je soutiens le livre remarquable de mon collègue
J. Seignalet, LAlimentation ou la 3e médecine. Dans
ce livre, il parle de linstinctothérapie en précisant
en page 89 pour ceux quil soigne, atteints de maladies chroniques
graves : « Le régime alimentaire que je prescris est
proche dans ses grandes lignes de celui du physicien suisse. »
Lequel physicien, cest vrai, a été condamné
pour faire partie dune secte, et plus grave pour pédophilie.
Doù lintérêt de lamalgame
insidieux et quasiment diffamatoire que se permettent mes détracteurs.
Mes travaux font partie de ceux des équipes internationales
sur les relations entre « alimentation et cancer ».
LAcadémie de médecine, avec le Pr Tubiana, a
entériné en 1998 les liens entre « nutrition
et certains cancers » et la Ligue contre le cancer avec le
Pr Pujol en 2000 en a fait sa campagne de prévention.
A son tour, le ministère de la Santé a pu lancer tout
récemment dans les médias des conseils de consommation
de fruits et de légumes. Pour ces raisons, Familles de France
a proposé, sous ma responsabilité, le concept du «
bar à fruits » dans les écoles primaires, avec
concrètement « un fruit frais à chaque récré...
».
Récemment à la Mairie
de Bosc (34700), près de Montpellier, jai pu inaugurer
un
« bar à fruits » qui fonctionne chaque jour,
et dans les plans de la prochaine école larchitecte
a prévu un emplacement original spécifique.
Plus récemment, jinaugurais un « bar à
fruits » en Auvergne à la demande dune inspectrice
de lacadémie et de plusieurs directeurs décole.
Familles de France sintéresse à la santé
de nos enfants dès la petite école, quoi de plus normal.
Un « fruit frais à la récré »,
cest bien mieux pour la santé que les barres sucrées
et des sodas qui sont à la source de lobésité
infantile, et demain de laugmentation des cas de diabète
et de cancer.
Vous tenez des conférences
sur des thèmes comme lalimentation ou la sexualité.
Intervenez-vous en tant que président de Familles de France,
ou en votre nom propre, en tant que professeur ?
Je consacre, toujours bénévolement,
une journée par semaine aux jeunes, dans le cadre de la prévention
des cancers et du sida, et ce depuis longtemps, bien avant mon arrivée
à Familles de France.
Cette mission est liée à ma fonction de professeur
de cancérologie et de chirurgie digestive. En plus des soins
aux malades, de la recherche et de lenseignement universitaire,
depuis 1982, les professeurs de cancérologie ont été
sollicités par le ministre de la Santé de lépoque,
Jack Ralite, pour informer le grand public dans un but de prévention.
Les thèmes de mes rencontres avec les jeunes sont donc «
Santé, amour et sexualité » dans toutes les
écoles publiques et privées qui me demandent.
Ces conférences permettent dapporter un plus au mouvement
quand je rencontre le soir les familles pour les aider à
dialoguer avec leurs enfants sur ces sujets délicats. En
effet, cela est en complète cohérence avec
« laide à la fonction parentale » souhaitée
par les pouvoirs publics depuis 1998 et initiée par Familles
de France en 1996. Mes fonctions universitaires sont évidemment
distinctes de celles de président de Familles de France.
Quand une association familiale minvite à donner une
conférence sur la prévention des cancers ou à
parler aux jeunes dans une école, je le fais dabord
en tant que scientifique et toujours gratuitement, car il sagit
de santé publique.
Quels sont vos projets pour
dynamiser la fédération ?
Familles de France est au service
de toutes les familles concrètement.
Certes, il y a les grandes idées à défendre.
Cela ne peut suffire.
Nous devons faire connaître tout ce que nous faisons : les
bourses aux vêtements, les permanences consommation, les gardes
denfants à domicile avec des nounous qualifiées
pour aider évidemment les familles.
Nous comptons développer lopération «
Être parents aujourdhui ».
De nouveaux projets seront proposés aux fédérations
lors de lassemblée de juin, tels que la préparation
au mariage civil que nous envisageons pour les jeunes, et donc des
futures familles, des conseils de prévention très
précis pour la santé familiale... Nous voulons devenir
une force de propositions et dactions orientées vers
celles et ceux qui ont des responsabilités politiques, locales,
régionales, nationales. Ils oublient trop souvent les familles.
Les dernières élections viennent de nous le rappeler
brutalement.
Un nouveau gouvernement
vient dêtre nommé. Quelles sont les attentes
de Familles de France ?
Le pays, comme les familles, a besoin
de stabilité. La nouvelle équipe au pouvoir doit faire
rapidement ses preuves. En cinq semaines, le gouvernement a juste
le temps de publier les décrets dapplication de la
loi pour les familles qui, votée par le Parlement en 1994,
avait prolongé les allocations familiales jusquà
22 ans.
Vous le savez. Les familles en ont besoin, les jeunes entrent plus
tard dans la vie active. Jai une grande estime pour le nouveau
ministre de la Santé et de la Famille, Jean-François
Mattei, qui est lun de mes collègues. Vous remarquerez
que santé et famille sont reliées. Nous souhaitons
travailler en confiance avec lui, comme ce fut le cas avec Ségolène
Royal.
Pour les jeunes filles et garçons
volontaires de plus de 18 ans, nous proposons le SIH, Service international
humanitaire, afin quils partent en mission aussi bien dans
des quartiers difficiles où des jeunes parlent mal notre
langue, quau fin fond de lAfrique ou de lAsie
où manquent tant décoles et denseignants,
de centres de santé pour les soins et la prévention
du sida, par exemple, de structures agricoles cohérentes
pour faciliter le commerce équitable...
Les jeunes daujourdhui ont des ressources énormes.
Il faut aider à les mettre en oeuvre en quittant le cocon
familial quel quil soit. Les jeunes, daprès nos
sondages réalisés à loccasion des présidentielle
et législatives, nattendent que ça. Pour les
retraites, nous ne voulons pas de bagarres entre spécialistes
de la répartition ou de la capitalisation. Nous pensons que
le plus urgent est dobtenir pour les jeunes familles les moyens
nécessaires pour avoir les enfants quils désirent.
Quel est votre message
à lattention des familles ?
Unissez-vous et rejoignez-nous. Adhérer,
cest déjà militer.
Plus nous serons nombreux, plus les familles seront entendues, reconnues
et soutenues.
Familles de France est un mouvement non confessionnel, non syndical
et non politique. Beaucoup trop de familles ne savent pas tout ce
que nous pouvons leur apporter. Les responsables politiques, quels
quils soient, ont besoin de nous. Ainsi, nous souhaitons la
fin de la discrimination pour le premier comme pour le dernier enfant
pour lesquels les familles ne reçoivent pas dallocations
familiales. Nous sommes le seul pays européen à la
traîne en ce domaine.
Sur notre site Internet (www.familles-de-france.org), nous allons
ouvrir un forum familial où chacun pourra sexprimer.
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